Confiscorys

Il y a des projets qui mettent des années à aboutir, d’autres sont des fulgurances d’une journée. Ces petits livres que j’ai nommés Confiscorys sont de ce second type. La machine à coudre est sortie, masques obligent, la boite à gravures, essais, premiers tirages, ratées est ouverte pour trouver celle qui deviendra la carte postale accompagnant un envoi.

Chaque estampe de cette boîte, réussie ou imparfaite me rappelle des livres, des instants, des périodes, des ami.es et m’invitent une fois sorties de leurs contextes à des voyages imaginaires et immobiles.

Huit petits livres, sont sortis de cette journée de confinement. Leur conception relève un peu de la cuisine des restes : des gravures redécoupées pour mettre en valeur des parties que je trouve belles, deux assemblages, soit accordéon soit petits livres, une couture pour illustrer le lien et proposer un chemin fictif. Pour finaliser chaque livre est glissé dans un petit étui cartonné.

Citadelles

J’ai acheté en vide-grenier, il y a longtemps, six photos de forts construits par Vauban, sur des supports cartonnés faisant la publicité pour le calcium Sandoz. Photos sûrement destinées à décorer les salles d’attente de médecins.

La qualité des photos en noir et blanc, du photographe Jacques Verroust, leur côté graphique m’avaient attiré l’œil. Les six cartons format A4 étaient rangés dans l’armoire de mes projets.

Confinement dit rangement (que ferons nous lors du prochain, maintenant que tout est si bien rangé !) et ces six photos m’ont de nouveau interpellée.

L’association photos et gravures pour mettre en valeur le côté graphique des photos a été assez immédiat. Le changement de format lui est à la fois issu d’un manque de matériel (pas assez de plaques de lino) mais aussi de la volonté de multiples.

L’ensemble monté en accordéon, recto, verso dans un boîtage façon livre, titre et quatrième de couverture, imprimés sur du papier photo brillant comme les photos originales.

Loto du marché

Dans quel vide-greniers ai-je trouvé ce vieux jeu ? Je ne sais plus. Mais le livre que j’ai tout de suite eu dans la tête depuis la trouvaille me trotte dans la tête depuis.

Encore un projet presque abouti grâce au confinement, presque parce que pour les cinq exemplaires prévus, il me manque quelques fournitures qui devront attendre le déconfinement !

Ce jeu de loto comporte quatre planches : le primeur, la poissonnerie, la boucherie et l’épicerie. J’ai tout de suite eu envie de mixer le jeu avec de vieux livres de cuisine ainsi que les pages « cordon bleu » de mes « Nous Deux ».

J’ai numérisé et imprimé les planches et obtenu ainsi quatre double-pages supports.

Fruits et légumes

Le livre s’ouvre sur l’étalage du marchand de quatre-saisons. Se déploient de part et d’autre, un menu de la semaine tiré d’un « Nous Deux » et une recette associée ou non à ce menu.

Sur un petit carnet publicitaire, la liste des courses chez le primeur pour le menu de la semaine.

2 jetons du jeu prennent place sur la planche.

Poissons

Suit la poissonnerie, un menu d’un livre de cuisine très ancien, une recette associée sur une spirale coquillage faite dans la page intercalaire du chapitre sur les poissons d’un livre de cuisine des années soixante. Encore deux jetons, des illustrations venant du troisième livre de cuisine, celui -ci des années soixante-dix. Et des noms de poissons qui ne font plus partie de notre vocabulaire quotidien, alose, barbue, jardine, vives et brême…. Les poissonniers et les pêcheurs les connaissent sûrement encore mais nous, plus vraiment. J’ai pour inscrire ces mots appris à créer des tampons avec ma machine à découper.

Viandes

Dans la page de la boucherie, une recette complète ainsi que l’illustration des découpes sur un bœuf et un mouton en volume sur un pli inversé.

Là aussi du vocabulaire indiquant des morceaux couramment utilisés par la génération de nos grands-parents, beaucoup plus rarement maintenant. Qui donne encore du mou à son chat ? cuisine les oreilles et la queue ? Et la fraise et les amourettes ? Et pour les ris, la vache folle les a fait disparaitre des étals de bouchers.

Une vieille recette manuscrite trouvée dans un des livres de daube de bœuf, scannée et imprimée sur des feuilles d’un carnet ancien est à ouvrir sur le côté de la page.

Épicerie

D’un cadran de balance pendent des marques des années 50, certaines existent toujours, d’autres ont disparu de nos placard. Des illustrations de gâteaux complètent cette page.

 

La couverture du livre est une impression numérisée de la boîte du jeu et le boîtier du livre est faite avec une planche de jeu et une enveloppe fabriquée en papier cartonné. La fermeture se fait à l’aide d’un lien et d’un jeton du jeu.

 

La vidéo :

Petite Poucette

Pour mes énormes coques de noix, j’avais en tête deux projets différents, après Confinoix, voici le second : Petite Poucette.

Conte d’Andersen de mon enfance dont je me rappelle encore la couverture du petit livre que je relisais régulièrement. Était-ce l’imagerie, les rebondissements, la fin magique, le côté petit peuple qui me plaisait ? Aucune idée, sûrement un peu tout cela.

Souhaitant associer l’histoire au petit livre, devant l’impossibilité d’écrire le texte au verso du livre (il aurait fallu que cela soit dans une police de taille 2, donc illisible) j’ai conçu une boîte permettant d’avoir la coque de noix et le livret.

Cette étape a vu de nombreux prototypes, petit livre de 10X10, demandant une grande boîte disproportionnée par rapport à la coque de noix pour finir par l’histoire en rouleau, ramenant la boîte à des dimensions plus harmonieuses par rapport à la coque.

     

Dernier détail ajouté, les couronnes de Poucette et du roi sont en copeaux d’or, retrouvés dans mes rangements faits grâce au confinement !